Un nouveau fonds pour augmenter la part du mécénat dans la restauration des biens mobiliers en FWB

Un nouveau fonds pour augmenter la part du mécénat dans la restauration des biens mobiliers en FWB

La Ministre de la Culture a annoncé la création d'un fonds budgétaire dédié à la restauration de biens classés, ouvert aux contribution des mécènes privés et publics.

Publié le 16.06.2017

En détail : La Ministre de la Culture, Alda Greoli, était en visite ce mercredi 14/06 à l'Hôpital Notre Dame à la Rose (Lessines) afin de faire le point sur la politique de classement de biens mobiliers en Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle y a donné le détail des biens classés depuis son entrée en fonction, dont par exemple celui de la collection Blaschka et de différentes pièces d’orfèvrerie et de mobiliers. La ministre a annoncé lors de cette visite la création d’un fonds budgétaire dédié à la restauration de biens classés, ouvert aux contribution des mécènes privés et publics.

Depuis le 26 janvier 2010, date du classement du « Trésor d’Oignies », 159 biens ont été protégés par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ils sont variés autant par leurs origines que par leurs époques, depuis le « crâne d’Engis » (Paléolithique moyen) à « L’Homme de la rue » de Paul Delvaux (1940), en passant par la tabulatrice d’Hollerith, l’ancêtre de l’ordinateur, fabriquée aux États-Unis et conservée à Liège. Pour être classés, les biens doivent constituer des exemples rares dans leur domaine mobiliers. Ils doivent être détenus sur notre territoire par une personne publique, morale ou privée.

Les deux tiers des biens classés sont conservés dans des musées ou des édifices religieux. Le tiers restant se partage entre les universités de Bruxelles, Louvain-la-Neuve et Liège, mais aussi La Cambre et les séminaires de Namur et Tournai. Certains de ces biens relèvent de la propriété privée.

Alda Greoli, Ministre de la Culture : « Le patrimoine culturel mobilier en Fédération Wallonie-Bruxelles permet de mesurer les richesses et la diversité de notre patrimoine majeur. Mais le travail de classement est évidemment loin d’être terminé. Certains champs de notre patrimoine n’ont pas encore été entièrement exploités et d’autres doivent encore être explorés, notamment dans le champ des propriétaires privés qu’il faut encourager sur cette voie ».

Le site de Notre Dame à la Rose concentre à lui seul plusieurs objets compris dans le dernier train de classement (cf. infra) : les Châsses de sainte Ursule et de saint Eloi, une croix de procession, deux paires de crédences et un buffet à double corps de l’école anversoise (1600). Le couvent de l’hôpital, reconverti en musée, abrite plusieurs pièces de mobiliers classés très rares et des collections d’objets médicaux et pharmaceutiques uniques.

Parmi les biens classés dernièrement, citons aussi la somptueuse collection des « Blaschka », du nom des maîtres-verriers Léopold et Rudolf Blaschka, créateurs de modèles d’animaux invertébrés marins en verre, créés à la fin du XIXe siècle et conservés à l’Institut zoologique de Liège.

Cette vague de classement est complétée par les Saint Luc et Saint Marc du Grand Curtius de Liège, une Table-bureau dite « à la Tronchin » de David Roentgen, un bassin de purification avec inscription dédicatoire trouvé à Jupille et le Vase des neuf Provinces de Léon Ledru (illustrations et détails infra).
Un fonds pour augmenter la part du mécénat dans les restaurations

Si le décret de 2002 régit le classement des biens mobiliers, il prévoit aussi des dispositions en matière de conservation et rénovation. C’est toujours au propriétaire qu’il revient d’introduire les demandes d’interventions auprès de la Fédération. Celles-ci sont très variables et peuvent atteindre des dizaines de milliers d’euros dans certains cas. Qui plus est, le nombre croissant de biens classés a naturellement pesé sur le nombre de demandes d’intervention pour la conservation et la restauration.

Alda Greoli, Ministre de la Culture : « Ma priorité est de pérenniser les budgets permettant d'assumer le rôle des pouvoirs publics en matière de conservation-restauration. C’est pourquoi je vais proposer la création d’un fonds budgétaire qui permettrait, dès 2018, d’affecter des recettes particulières au financement de la protection du patrimoine mobilier. La Fédération pourrait par ce biais procéder à des appels de fonds auprès de particuliers ou d’institutions spécialisées dans le but de restaurer une œuvre particulière ».

Un tel mécanisme permettrait de structurer et d’amplifier le mouvement de restauration actuel, certes ponctuellement activé au gré d’aides extérieures mais de manière bien insuffisante par rapport aux besoins identifiés. Ce sont pas moins de 30 biens dont la restauration est planifiée pour les prochaines années par les services du Patrimoine. Ce fonds permettrait de relever le défi avec satisfaction.

Enfin, l’ouverture au mécénat offrira plusieurs avantages évident pour le public, en assortissant le dispositif de garanties de visibilité des œuvres restaurées. Les mécènes quant à eux se verront associés – selon leur souhait - à la restauration du bien.

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